La fête du mouton: un Maroc sous la fumée du Boulfaf

Le sacrifice, un acte religieux commun à la majorité des religions connues de tous. Il s’agit d’un don offert aux divinités pour les glorifier ou demander des choses en contrepartie. En tout cas, à ma connaissance, l’être humain attend toujours une récompense et c’est ce qui l’incite à donner.

Sans trop m’attarder sur mon avis à propos du sacrifice sanglant, ni rentrer dans les détails théologiques, je préfère me pencher sur un point qui me semble important: la maltraitance des animaux. Ma volonté de me manifester contre la brutalité subit par ces pauvres bêtes ne fait pas de moi une végétarienne ni une militante engagée dans le droit des animaux. Il s’agit juste de mon côté humain qui ne tolère pas  de voir ces êtres sans défense se faire torturer, tirés par les cornes brutalement, transportés de manière affreuse… Il suffit juste de regarder au fond de leurs yeux pour comprendre qu’ils sont sensibles à la douleur et qu’ils ont un instinct de survie tout comme nous.

Puisque le sacrifice est un contact entre l’humain et son Dieu, autant faire les choses dans les règles de l’art, en respectant toutes les conditions qui précédent l’égorgement, dont le principe est oublié.

Beaucoup négligent qu’il y a des familles qui n’ont pas la chance d’offrir à leurs enfants cette joie de jouer avec le mouton à la terrasse, et se contentent de sentir les odeurs des grillades à travers la fenêtre. C’est vrai que beaucoup d’associations et de bonnes âmes participent à en offrir aux plus nécessiteux, mais ça ne couvre jamais la totalité. On aurait pu justifier ce chagrin par l’insuffisance des moyens, mais il y a bien des familles qui s’en achètent 4 alors qu’ils ne sont que dix personnes au total. Je vous laisse compter!

Fête religieuse qui réunit les familles, rassemble les coeurs et renouvelle l’entraide au sein du groupe sont ces belles choses qui me permettent d’apprécier cet événement annuel. Se réunir autour de la table pour manger en compagnie de tous les membres de la famille est un bonheur qui ne se répète pas forcément tous les ans, donc autant en profiter.

Brochettes de boulfaf (foie de mouton enroulé de graisse), Douara (tripes de mouton dans une sauce épicée), grillades sur le charbon et variétés de plats différant d’une région à une autre. Plonger dans les détails de la cuisine de la fête du mouton enrichit notre culture au niveau culinaire par l’énorme nombre de recettes que l’on peut créer.

Chez nous, tout se mange et s’exploite: les pattes sont consommées avec des pois-chiche et une sauce, la tête est séparée dont la moitié est préparée à la vapeur et l’autre mangée avec du couscous, les intestins sont fourrés aux tripes, les yeux ne sont pas épargnés non plus, et toute une série de créations provenant de notre patrimoine culinaire que l’on a le choix de prendre ou de laisser.

Le premier jour est un vrai festin chez les amoureux de tripes, le second est attendu avec impatience pour les amateurs de viande, le troisième ouvre la porte à monsieur « mauvais cholestérol » et l’invite à s’installer tranquillement dans les corps, et le quatrième jour fait appel à des salades, des boissons détoxifiantes ou même aux urgences. Ceci-dit, il faut vraiment être prudent en consommant les portions avec modération, tout en mangeant de grandes quantités de légumes, faire une marche en famille pour brûler un peu de calories, et bien s’hydrater pour dégager les toxines.

Depuis que j’ai commencé à m’introduire dans la préparation post-sacrifice, je n’aime plus manger le premier jour car mon sens de l’odorat absorbe les fortes odeurs ce qui satisfait largement mon sens gustatif. Vous allez surement vous poser la question sur mes préférences, et pour être totalement honnête avec vous, je n’en ai plus car la viande rouge n’est pas ce que je préfère. Mais je ne dirai pas non à une brochette de viande grillée ou un steak au four, le tout accompagné avec des légumes pour me sentir bien.

Même si je possède des avis controversés et mitigés sur le sujet de cette fête, mais elle reste un acte religieux issu de ma croyance, une occasion de réunion familiale et une réconciliation avec les traditions.

 

Zineb Rhafrhouf

 

 

 

 

 

 

 

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